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PATRICE VAN EERSEL | Ecrivain - Journaliste - Reporter

Du pithécanthrope au karatéka

La longue marche de l'espèce humaine

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Prologue

Du désespoir d’un marxiste noosphérique

Extrait du prologue

Je connais des scientifiques très fréquentables, authentiquement humanistes, qui vous expliquent qu’il n’y a pas de différence absolue entre un caillou, une herbe, un poisson, un cheval, un humain. Ont-ils tort ? Ont-ils raison ? Les deux sans doute. Mais que nous nous pensions spécifiques ou fondus dans le tout, l’urgence est de nous réconcilier avec la biosphère, notre matrice, que nous avons horriblement abîmée. Réparer est devenu une question de vie ou de mort.

Mais pour réparer, il faut d’abord comprendre. Comprendre quoi ? De quelle façon nous nous inscrivons dans l’évolution.

L’évolution…
Sujet omniprésent. Mais comment l’intelligentsia et les médias nous présentent-ils l’évolution ?

Le plus souvent sous la forme d’un débat, qui fait régulièrement la une des journaux : on appelle ça « la polémique Dieu contre Darwin ». Or, cette polémique est une imposture. Un cache-sexe. Un alibi. Un spectacle maladroit, qui occulte des milliers de recherches et de découvertes, dont on prive ainsi une grande partie de la population. Il ne faudrait d’ailleurs pas dire « Dieu contre Darwin », mais plutôt « Zeus contre Sceptimus », tant ce choc entre barbus prête à rire – ou prêterait à rire, s’il ne portait la grave responsabilité de nous écarter des vraies questions. Ce faux débat nous place devant ce que la philosophe des sciences Isabelle Stengers appelle une « alternative infernale », en nous imposant de choisir entre :
- d’un côté, des savants hyper pointus, mais conduits par des matérialistes athées souvent dogmatiques, bien assis dans leur certitude de savoir l’envers et l’endroit du hasard et du néant ;
- de l’autre, pour l’essentiel, des archaïques, nostalgiques d’un obscurantisme religieux, pour ne pas dire des décervelés, le plus souvent à 100 % réactionnaires.

Pas d’autre choix !
Un pistolet sur la tempe, j’avoue que je choisirais le camp des premiers, pour la simple raison qu’ils se situent à une étape ultérieure de l’histoire, et que mon plus grand désir est de passer à l’étape suivante et pas de revenir en arrière.
Mais quel gâchis ! Car les vrais débats sont passionnants.


© 2010 - Patrice Van Eersel, Du Pithécanthrope au Karatéka - Ed. Grasset

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